Mises à jourGalerieStaffLes chansons du groupeLa naissance de Dolce Alba
 
 
 

Comment est né Dolce Alba?

C’est une histoire comme toutes les autres histoires. Peinte aux couleurs de mille désirs, de centaines de souffrances et d’un million d’espoirs.

 

Le début de ce récit met en scène un jeune garçon arraché à la terre qui l’a vu naître. Ses yeux émeraude remplis de rêves lentement brûlés par le poids d’une famille séculaire, il se retrouve vomi dans un pays étranger.

Le décor se plante. Une mère qui s’éteint peu à peu, souffrant d’une maladie millénaire nommée « amour ». Un père qui a quitté ce monde avant même qu’il ne puisse voir le jour. Un héritage de coutumes, d’or et de réputation avilissant. Un rayon de lumière dans cette ville nouvelle, cette cité uniforme nommé Tokyo : son cousin et seul autre membre héritier de ce même nom de famille. Lui et ses parents sont les seconds piliers soutenant la famille Shina. N’oublions pas l’homme qui les a fait arriver dans ce monde d’exubérance et de contraste. Rei Shina, le plus vieux membre de cette famille sans âge. Il porte en lui toute la tradition et l’éducation que le veut son statut. Ce jeune échoué a 14 ans. Dans le manoir familial, il se verra dressé pour affronter son nouvel habitat.

 

Shina est une famille qui possède une sombre réputation. Baignée dans le sang et la corruption, chaque habitant de ce nouveau pays la connaît. Non seulement pour sa richesse, mais aussi à cause de la tragédie qui l’a secouée. Le père du garçon décida de purger l’honneur en éliminant chaque membre, du plus jeune au plus vieux, n’épargnant que son frère cadet et ce fameux Rei.

Il n’existe à présent plus que deux héritiers. Tsukaimaru Shina et Kaerizaki Shina. Ce dernier est le héros de cette histoire.

 

Voici le décor.

 

Kaerizaki à l’âme européenne, au cœur meurtri par la déchéance de ses origines et l’évaporation de son présent, est abandonné aux griffes de Rei. Cet homme ambivalent qui lui offre autant d’amour que de coups, autant de tendresse que d’impossibles objectifs.

Et cette ville l’englouti.

Le jeune homme s’enfonce dans les bas-fonds de la ville à la recherche d’air. Une idée se creuse dans son cœur et s’insinue au plus profond de son esprit. Elle s’y niche, devenant le plus précieux de ses trésors. Kaerizaki veut dire renaissance. Son destin est de briller. Et pour cela, il décide de dominer sa douleur et sa ville. De conquérir le cœur des gens. Il se découvre un talent inné pour comprendre les gens, pour trouver les mots qu’il faut. Et il sait intimement qu’il va devoir créer une armée faite de soldats dévoués jusqu’à la mort.

 

Il déambule dans les rues sales, observant de loin la vie qui s’écoule. Il est trop intelligent pour goûter à la boue des bas-fonds. Il se contente de proposer ses idées et d’observer leurs effets. Chaque être humain, il l’aime profondément.

 

Et un soir, lors de ses pérégrinations nocturnes, tel un ouragan, il renverse un faiseur de rêves. Un jeune blond, perdu dans un monde plus beau. Un soleil brillant au fond des ténèbres. Il vend son corps pour un idéal qu’il oublie chaque seconde un peu plus. Il perd doucement la raison qui le pousse à regarder le ciel et pourtant, Dieu sait à quel point ce cœur qui a soif de reconnaissance peut être puissant. Kaerizaki l’aime immédiatement et décide que la revanche a sonné.

Persuadé qu’il devra prendre la place de son père pour que sa tendre mère retrouve le goût de vivre, il choisit Hideaki pour sa ressemblance avec l’un des partenaires de son géniteur. Il le protège, l’élève, lui montre à quel point il est beau, à quel point il est important. Il lui lance un défi. Le brun lui peint son monde, aux couleurs du sang et des ténèbres, aux nuances subtiles de la manipulation et de la trahison. L’explosion d’une douleur sans nom et la lumière écrasante de la volonté. L’héritier joue un nouveau rôle dans la vie d’Hideaki. Il est devenu sa muse.

 

Kaerizaki a trouvé son premier général. L’idéal.

 

Ce fut la même chose pour Akira. Il senti un cœur déchiré par les passions. Une âme perdue et brûlée par la vie, trop sensible pour affronter ses pairs. Sa douleur immense se gravait sur ses poignets, écarlates larmes de sang.

Il ne pouvait pas le juger. Sa conquête fut difficile, mais le jeune garçon aux espoirs infinis le pris par la main et lui montra son monde. Que de longues discussions! Que d’entretiens passionnants! Akira découvrit en lui un être intrigant, il déchiffra ses masques les plus sombres et les plus secrets. Et combien de fois il arriva à le mettre au pied du mur par des phrases ou des silences libérateurs.

Akira, enfant ayant grandit trop vite, a trouvé le moyen d’exprimer la douleur qu’il possède au fond de lui en la déversant sur le papier.

 

Kaerizaki a trouvé son second général. Le conseiller.

 

Le troisième n’était qu’un chien enragé. Contrairement aux autres, sa haine et sa souffrance immenses semblaient déborder de lui comme un fleuve en crue. Il se déchainait tel un animal blessé. Ses mots, ses gestes, sa colère, sa détresse furent les plus difficiles à amadouer.

Kaerizaki plongea à travers les ténèbres, la drogue, l’alcool. Il découvrit un monde sourd et aveugle, baigné dans le sang et les larmes. Bercé d’illusion et de complaisance. Il se déchira de nombreuses fois. Il tomba encore plus souvent. Mais il refusait de lâcher ce gamin perdu.

Sa tendre mère s’éteignait.

Cette face obscure, Tatsuya la perça à jour. Cette noirceur et son autodestruction qu’il tentait tant bien que mal à dissimuler aux yeux des autres, Tatsuya la lui cracha à la figure. Ce chien fou représentait l’expression de tout ce que Kaerizaki avait tenté d’enterrer. Et durant de longs mois de dressage, il parvint à l’amener à lui. Il lui offrit un toit, une confiance, une sécurité, une paix, une lumière qu’il avait longtemps oubliée. Il se laissa amadouer.

 

Kaerizaki a trouvé son dernier général. Le conquérant.

 

Dolce Alba, une Douce Aube, une revanche sur le monde.

L’expression du mal-être de quatre garçons totalement différents, unis sous une même bannière.

 

La renaissance de centaines de souffrances. La beauté de mille désirs. La cristallisation de millions d’espoirs.

 

Sur son échiquier, Hideaki le cheval, Akira le fou et Tatsuya la tour sont les bases de ses stratégies. Chacun touche un domaine qu’il ne pourra qu’observer de loin, il possède tout de même la mainmise sur des univers vastes et riches. Des puits de savoir et de ressources qui le feront renaître à chaque chute.

 

Jusqu’à ce que la Reine fasse son apparition.

 

Voici une pièce rebelle et puissante. Celle qui le protègera et qui s’offrira pour sa gloire.

L’assassin des ombres, la fureur monstrueuse condamnée par la société. Yukito.

De la pureté d’un amour tendre, Kaerizaki s’abîma au cœur de l’enfer. Chacun trouve dans l’autre ce qui lui manque. Chacun voit en l’autre une extension de lui-même. Si semblables dans leur âme mais aux réponses opposées.

Ils offrent des saveurs particulières à l’existence de l’autre. C’est le subtil mélange de l’amertume de la soumission à l’éclat épicé de la violence.

 

Et Kaerizaki, s’insinuant dans toutes les strates sociales, finira par contrôler la ville entière.

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"Dolce Alba? C’est un groupe atypique aux mentalités très différentes. On se demande d’ailleurs comment ils font pour s’entendre ou trouver une quelconque harmonie musicale. Pourtant, le miracle opère. Le grand blond qui ne jure que par l’excentrique Visual Kei, le rouquin aux cheveux en pique qui flirte aux côtés du métal et enfin le fougueux rappeur se sont unis autour d’un métis qui a franchement des tendances musicales européennes. Que pouvons-nous dire sur cet exquis mélange? A chaque interview, nous en ressortons transformés, engloutis par ce qui ressemble au malaise et à l’utopique espoir que tout est possible. Malaise car ces jeunes semblent dévoués corps et âme à leur leader. Ils ont une totale confiance en lui. Et ce garçon a réussi à les souder et à offrir au monde une image de la jeunesse presque exemplaire : malgré les différences, malgré les souffrances, il est possible d’œuvrer tous ensemble pour quelque chose de plus vaste. Il est possible malgré une histoire personnelle tragique de « briller » et de se faire comprendre. C’est un tour de force réussi. Maîtrisé à la perfection. Plus que leur musique ou leurs textes, c’est la chaleur qui se dégage de leur groupe qui subjugue les fans et les « non adeptes ». Cette richesse est tout bonnement stupéfiante. Et leur emblème illustre parfaitement leur vision du monde : le phœnix, la renaissance, l’espoir en un lendemain bâti sur les cendres de hier. Une performance qui touche tous les jeunes du monde entier et pas seulement un pur produit asiatique. Une transformation symbolique et révolutionnaire."

 

Extrait de la revue de psychologie « Nouveaux talents et valeurs sociales », de D. Hidemi, spécialiste en sociologie et anthropologue de formation.