Je ne veux plus te voir dans cette maison! Et ne touche plus jamais mon fils, espce de pourriture! Comment as-tu os nous faire a, nous qui nous sommes occups de toi aprs la mort de ta mre ! Tu as souill le nom de notre famille, souill mon propre fils ! Tu es pire que ton pre, pire qu'un dchet! Je vais appeler directement Rei, il s'occupera de toi dsormais ! Dgage, et ne reviens jamais !

 

C'tait la premire fois qu'il le voyait nerv. Il ne criait pas, mais ses yeux rvulss et son ton calme, comme avant une tempte, lui montrait parfaitement la haine qu'il prouvait pour lui en ce moment. Et mme le dgot. Tous ces mots qui lui soulevaient les tripes, lui donnaient une nause pouvantable. Monstre. Le garon les avalait sans mettre le moindre son, sans la moindre protestation. Aprs tout, peut-tre qu'il le mritait. Il savait pertinemment qu'un jour il devrait payer cet amour contre nature. Qu'il perdrait son trsor, qu'il devrait dire adieu Tsukaimaru. Et seul dans cette chambre, tout ce discours rsonnait dans ses oreilles, crasait son cerveau et brlait son me. Il sombra dans une torpeur immonde. Seul. Jusqu'au moment o son portable sonna. Le numro qui s'afficha eu l'effet d'une bombe.

Comment oublier ce numro. Comment oublier la personne qui tait derrire.

 Saisit d'un violent tremblement, il dcrocha.

Rei.



Viens la maison. J'ai te parler.

Cette voix. Il raccrocha.

 Mon Dieu, piti, Seigneur. Tout sauf lui.

Ces inflexions lui soulevrent le cur, rappelant sa mmoire images et douleurs, cris et silences, mlangs un ciel bleu, des rires et une illusion phmre de famille.

 La silhouette de son oncle s'imposa bientt devant ses yeux. Sans un mot, Sasuke le raccompagna la porte, la claquant derrire lui. Tout paraissait irrel. Il avait peur, mon Dieu qu'il avait peur! Les larmes lui montaient aux yeux, son corps ne cessait de trembler. Il s'enlaa, plantant ses doigts dans la chair de ses bras. Il devait y aller.

Rei l'attendait dans le salon du manoir. Un visage impassible et rid, son costume svre d'un noir impitoyable lui coupa le souffle.


Peur.
- Sasuke m'a parl de choses graves. J'espre que ce n'est qu'un malentendu.
- Mon Oncle... commena le garon.
- Rponds.
Il tremblait. Comme un enfant ayant fait une btise. Il serait prt tout pour ne pas se trouver devant cet homme.
- Alors?
- C'est la vrit.

La gifle qui suivit fut si violente que Kae percuta le mur. Glissant misrablement au sol. Lui non plus, il ne l'avait jamais entendu hurler. Son cerveau s'arrta. Sa joue pulsait, ses yeux verts se remplirent de larmes.
Et les mots le blessaient.

Le dcoupaient.

L'annihilaient.


Comme
nt peux-tu me faire a! Kaerizaki Shina! Je t'ai lev comme mon propre fils et qu'est-ce quej'apprends! Tu lches des culs maintenant ! Tu es pire qu'un animal ! Tu es un monstre ! Petite ordure, c'est cause de ce que ta mre t'a mis dans la tte, n'est-ce pas?

Ca faitmal.
Terriblement mal.


Je vais reprendre ton ducation en main et tu verras ! A partir de demain tu travailleras dans l'entreprise familiale ! Jamais personne ne devra apprendre les horreurs que tu as faites ! Tu imagines ce qu'il va se passer avec la socit ! Si mes associs apprennent que le seul hritiers de la Shina Corporation est un petit....

Et dire qu'il n'a paseu le temps de lui dire je t'aime . Son trsor.

Tu m'entends, petit con?


Rei le saisit par les cheveux, le cognant contre le mur. Il le secoua, hurla. Monstre. Monstre. Erreur de la nature. Dchet. Crature rpugnante. Animal.

Il l'avait juste aim.

Et tout se termina.

Kae ne se rendit mme pas compte de quand il avait cess de le poignarder avec ses mots, ni quand les coups cessrent de pleuvoir. Le silence rgnait en matre maintenant. Et lov contre son coin de mur, la lvre clate, il se recroquevilla sur lui-mme avant d'clater en sanglots. De pleurer, de hurler sa peine.



Et dire qu'il l'avait juste aim.

 

monsre